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Hommage à Jean Jaures à Roussillon

31 juillet 2014, par Lolo

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Hommage à Jean Jaures, ce Jeudi 31 Juillet 2014 à 18h30, Place de la République Roussillon

Jean Jaurès est né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914.

Il adhère définitivement au socialisme après la grande grève des mineurs de Carmaux 1892 à 1895 et s’oppose aux lois scélérates.

(Les « lois scélérates » sont une série de lois votées en France sous la Troisième République. Elles visaient à réprimer le mouvement anarchiste, responsable de nombreux attentats durant les années précédentes)

Durant l’affaire Dreyfus, (1894/1906) il prend la défense du capitaine et pointe l’antisémitisme dont celui-ci est victime.

(L’affaire Dreyfus est un conflit social et politique majeur de la Troisième République, autour de l’accusation de trahison faite au capitaine Alfred Dreyfus, Français d’origine alsacienne et de confession juive, qui sera finalement innocenté.
Elle a divisée profondément et durablement la société française de 1894 à 1906, entre dreyfusards et anti-dreyfusards)

Le 18 avril 1904, Jaurès fonde le quotidien L’Humanité qu’il dirige jusqu’à sa mort.

L’équipe qui lance le journal avec Jaurès n’est pas composée de journalistes en titre, mais d’intellectuels qui ont vécu aux côtés du député socialiste trois combats victorieux :
le droit ouvrier à la politique, bafoué à Carmaux par le marquis de Solages, et qui s’impose en 1892 ; la justice rendue au capitaine Dreyfus ; la liberté de conscience, objet d’un débat qui fait rage en 1904, et qui sera inscrite, dans la loi de séparation des Eglises et de l’Etat.
De grandes "plumes" s’associent au projet : Anatole France, Octave Mirbeau, Jules Renard

Jaurès sous-titre son journal « quotidien socialiste » et l’utilise pour accélérer l’unité socialiste.
Celle-ci est réalisée sous la pression de la Deuxième Internationale au Congrès du Globe (avril 1905) avec la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), unifiant les différentes sensibilités socialistes de France.

Le titre même de ce journal, en son ampleur, marque exactement ce que notre parti se propose.
C’est, en effet, à la réalisation de l’humanité que travaillent tous les socialistes.

L’humanité n’existe point encore ou elle existe à peine.
À l’intérieur de chaque nation, elle est compromise et comme brisée par l’antagonisme des classes, par l’inévitable lutte de l’oligarchie capitaliste et du prolétariat.
Seul le socialisme, en absorbant toutes les classes dans la propriété commune des moyens de travail, résoudra cet antagonisme et fera de chaque nation enfin réconciliée avec elles-même une parcelle d’humanité.

De nations à nations, c’est un régime barbare de défiance, de ruse, de haine, de violence qui prévaut encore.

Même quand elles semblent à l’état de paix, elles portent la trace des guerres d’hier, l’inquiétude des guerres de demain :
et comment donner le beau nom d’humanité à ce chaos de nations hostiles et blessées, à cet amas de lambeaux sanglants ?
Le sublime effort du prolétariat international, c’est de réconcilier tous les peuples par l’universelle justice sociale.
Alors vraiment, mais seulement alors, il y aura une humanité réfléchissant à son unité supérieure dans la diversité vivante des nations amies et libres.
Que le suffrage universel s’affirme et s’éclaire ; qu’une vigoureuse éducation laïque ouvre les esprits aux idées nouvelles, et développe l’habitude de la réflexion ; que le prolétariat s’organise et se groupe selon la loi toujours plus équitable et plus large : et la grande transformation sociale qui doit libérer les hommes de la propriété oligarchique, s’accomplira sans les violences qui, il y a cent dix ans, ensanglantèrent la Révolution démocratique et bourgeoise, et dont s’affligeait, en une admirable lettre, notre grand communiste Babeuf.

Nous voudrions de même que le journal fût en communication constante avec tout le mouvement ouvrier, syndical et coopératif.

C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger elles-mêmes les événements du monde.

Aucun groupe d’intérêts ne peut directement ou indirectement peser sur la politique de l’Humanité.
C’est, dans la constitution de notre journal, une garantie certaine d’indépendance. »

En 1905, il est un des rédacteurs de la loi de séparation des Églises et de l’État et dans la même année il participe à la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dont il est l’acteur principal, unifiant ainsi le mouvement socialiste français.

Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde.
La SFIO fait sien le constat de la lutte des classes, et s’affirme clairement internationaliste.

Dirigeant politique important, il engage le dialogue avec les syndicalistes révolutionnaires de la CGT.

Novembre 1908 à la Chambre des députés Jaurès plaide en faveur de l’abolition de la peine de mort.

« Ce qui m’apparaît surtout, c’est que les partisans de la peine de mort veulent faire peser sur nous, sur notre esprit, sur le mouvement même de société humaine, un dogme de fatalité.
Il y a des individus, nous dit-on, qui sont à ce point tarés, abjects, irrémédiablement perdus, à jamais incapables de tout effort de relèvement moral, qu’il n’y a plus qu’à les retrancher brutalement de la société des vivants ; et il y a au fond des sociétés humaines, quoiqu’on fasse, un tel vice irréductible de barbarie, de passions si perverses, si brutales, si réfractaires à tout essai de médication sociale, à toute institution préventive, à toute répression vigoureuse mais humaine, qu’il n’y a plus d’autre ressource, qu’il n’y a plus d’autre espoir d’en empêcher l’explosion, que de créer en permanence l’épouvante de la mort et de maintenir la guillotine.
Voilà ce que j’appelle la doctrine de fatalité qu’on nous oppose. Je crois pouvoir dire qu’elle est contraire à ce que l’humanité, depuis deux mille ans, a pensé de plus haut et a rêvé de plus noble. »

Une pensée qui associait le Communisme et l’individu en plaçant l’homme au centre en résonance avec L’humain d’abord « Il s’agit d’aller vers une humanité de citoyens et non de faire rejouer des comportements et des cloisonnements dépassés :
« Décentraliser sans transformer la propriété, c’est rétablir la suprématies des vielles influences terriennes, c’est revenir au passé.
Il n’est qu’une décentralisation vivante c’est le communisme, car en permettant à chaque individu humaine de retenir tout le produit de son travail, il fait de tout individu un centre. Par le socialisme, la vaste harmonie de la vie générale se concilie avec la spontanéité des forces individuelles, par lui, l’humanité est comme un fleuve ou chaque flot est une source » in socialisme et liberté 1898 « de même que l’organisation collective de la production et de la propriété suppose une forte éducation des individus, tout un système de garanties des efforts individuels et des droits individuels, de même la réalisation de l’unité humaine ne sera féconde que si les peuples et les races, tout en associant leur efforts, tout en agrandissant et complétant leur culture propre par la culture des autres, maintiennent et avivent dans la vaste internationale de l’humanité, l’autonomie de leur conscience historique et de l’originalité de leur génie » in méthode comparée 1911.

En juin 1913 Il s’opposera à la loi des 3 il sera accusé, y compris au sein de la Chambre, d’être « vendu à l’Allemagne ».

Il faut se souvenir qu’à cette époque l’armée tirait plus souvent sur les ouvriers en grève que sur des soldats ennemis.

« Le projet [que la commission et le gouvernement] soumettent à la Chambre, en accroissant la durée du service de caserne, rend plus difficiles à tous les points de vue, au point de vue financier, au point de vue militaire, au point de vue social, la grande organisation militaire que réclame le pays républicain, la préparation et l’éducation physique de la jeunesse, l’éducation, l’entraînement, l’encadrement des réserves,…

Notre projet, Messieurs, est d’accroître la puissance défensive de la France. Plus nous voulons qu’elle porte haut son idéal, son action sociale et humaine, plus nous voulons qu’elle puisse mettre toute sa force au service de cet idéal en pleine sécurité et en pleine indépendance.
J’ai déjà [...] cité le mot de Machiavel : « L’histoire se rit des prophètes désarmés. » Nous qui [...], maintenant l’affirmation du droit, voulons répudier à jamais toute politique d’aventure et de revanche, nous qui voulons préparer par la paix définitive et garantir une civilisation supérieure où la force partout présente de la démocratie et de la liberté, réparera les antiques violences, nous voulons que nul ne puisse imputer cette offre magnanime de paix à la débilité peureuse d’un peuple mal assuré de lui-même.

À l’heure où s’est vérifiée, où s’est réalisée, l’hypothèse prévisible et prévue de l’accroissement des armements de l’Allemagne, le devoir des dirigeants français était non pas de se rejeter vers la routine, vers la formule trop facile de la loi de trois ans, mais de développer énergiquement, par l’éducation de la jeunesse, par l’organisation des réserves, par l’armement du peuple sur place, par le perfectionnement de tous les moyens techniques de mobilisation et de concentration, les garanties d’avenir qui conviennent à un grand peuple de démocratie,…

Dernier discours (Lyon- Vaise, le 25 juillet 1914)

Que dire de l’actualité de ce dernier discours prononcé à Vaise le 25 juillet 1914 quand aujourd’hui l’état d’Israël sans humanité massacre des enfants, des femmes et des hommes pour quel présent et pour quel futur et que cette mise en scène macabre sans cesse répéter depuis des générations meurtries se déroule au pire avec le soutien au moindre dans l’indifférence mais toujours dans l’impuissance complice des nations…

Que dire de l’actualité de ce discours quand de nombreux pays sont plongés dans des conflits où les populations et particulièrement les femmes sont victimes d’exaction, d’atrocités qu’on ne s’y trompe pas ces conflits prennent tous leur origine dans le capitalisme et dans des relents du colonialisme, …point dans des raisons célestes,…

« Je veux vous dire ce soir que jamais nous n’avons été, que jamais depuis quarante ans l’Europe n’a été dans une situation plus menaçante et plus tragique que celle où nous sommes à l’heure où j’ai la responsabilité de vous adresser la parole.
Ah ! Citoyens, je ne veux pas forcer les couleurs sombres du tableau,… mais je dis que nous avons contre nous, contre la paix, contre la vie des hommes à l’heure actuelle, des chances terribles et contre lesquelles il faudra que les prolétaires de l’Europe tentent les efforts de solidarité suprême qu’ils pourront tenter.

A l’heure actuelle, nous sommes peut-être à la veille du jour où l’Autriche va se jeter sur les Serbes et alors l’Autriche et l’Allemagne se jetant sur les Serbes et les Russes, c’est l’Europe en feu, c’est le monde en feu.

Chaque peuple paraît à travers les rues de l’Europe avec sa petite torche à la main et maintenant voilà l’incendie.
Eh bien ! Citoyens, nous avons notre part de responsabilité, mais elle ne cache pas la responsabilité des autres et nous avons le droit et le devoir de dénoncer, d’une part, la sournoiserie et la brutalité de la diplomatie allemande, et, d’autre part, la duplicité de la diplomatie russe.

La politique coloniale de la France, la politique sournoise de la Russie et la volonté brutale de l’Autriche ont contribué à créer l’état de choses horrible où nous sommes.

L’Europe se débat comme dans un cauchemar.

Eh bien ! Citoyens, dans l’obscurité qui nous environne, dans l’incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j’espère encore malgré tout qu’en raison même de l’énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n’aurons pas à frémir d’horreur à la pensée du cataclysme qu’entraînerait aujourd’hui pour les hommes une guerre européenne.

Songez à ce que serait le désastre pour l’Europe : ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d’hommes.
Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie ! Et voilà pourquoi, quand la nuée de l’orage est déjà sur nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé.

…Quoi qu’il en soit, citoyens, et je dis ces choses avec une sorte de désespoir, il n’y a plus, au moment où nous sommes menacés de meurtre et, de sauvagerie, qu’une chance pour le maintien de la paix et le salut de la civilisation, c’est que le prolétariat rassemble toutes ses forces qui comptent un grand nombre de frères, Français, Anglais, Allemands, Italiens, Russes et que nous demandions à ces milliers d’hommes de s’unir pour que le battement unanime de leurs coeurs écarte l’horrible cauchemar.

J’aurais honte de moi-même, citoyens, s’il y avait parmi vous un seul qui puisse croire que je cherche à tourner au profit d’une victoire électorale, si précieuse qu’elle puisse être, le drame des événements.
Mais j’ai le droit de vous dire que c’est notre devoir à nous, à vous tous, de ne pas négliger une seule occasion de montrer que vous êtes avec ce parti socialiste international qui représente à cette heure, sous l’orage, la seule promesse d’une possibilité de paix ou d’un rétablissement de la paix. ».

Force est de constater que la figure de Jaurès est aujourd’hui utilisée de façon éhonté par la droite et même l’extrême droite comme une amnésie de l’histoire Jaurès répondait déjà au MEDEF de l’époque lorsqu’il s’adressait aux patrons du textile « incapables de moderniser leur appareil productif et qui se complaisent dans une compétition anarchique, fondée sur la baisse des salaires » on voit que dans la lutte des classes rien n’a changé
… et pourtant Jean Jaures, en 1895 est à Carmaux lors des grèves des mineurs puis des verriers, il joue un rôle déterminant dans la création de la verrerie ouvrière d’Albi qu’il inaugure le 25 octobre 1896.

En 1903, à Houplines, il prend la parole pour dénoncer les conditions de travail dans l’industrie textile du nord.

Dans un éditorial du 30 décembre1906 "la guerre sociale", dans l’huma, Il évoque la misère à Fougères, dans les usines de chaussures "Quand la société reposera non sur la force, mais sur la justice, et la justice veut que tous les êtres humains soient appelés à gouverner leur propre travail et à en recueillir les fruits.
L’ordre capitaliste crée de la passivité et de la misère, parce qu il réserve à une minorité privilégiée la direction du travail et une large part du produit créé par l ’effort de tous."

Jaurès est présent en janvier 1907 , lors du retour des 160 enfants nécessiteux de grévistes fougerais placés, la durée de la grève, dans la région de Rennes.

En mars 1906, Jaurès réagit à la catastrophe minière de Courrières ; "Ils peinent, ils souffrent, ils meurent et une large part du produit de leur travail va gonfler le capital oisif.
" Le 30 juillet 1906, il s’indigne du non lieu accordé à la compagnie minière dans un article justice dans l huma ;
" A l’heure où la compagnie de Courrières chasse les veuves des ouvriers qu’elle a tué et assigne en dommage et intérêts le Réveil du Nord qui a signalé son crime, le bon sens et la conscience du pays ne se laisseront pas duper par de grossiers sophismes.
La compagnie reste responsable de la mort de ces onze cents hommes qu’elle a sinistrement aventurés".

En 1910,il vient soutenir les ouvriers mégissier de Graulhet.

A la chambre des députés le 17/01/1910, il interpelle le gouvernement, décrit les conditions de travail fatigantes et dangereuses du tannage des peaux .
Jaurès dénonce dans ce conflit une question d’hygiène industrielle, avec l’utilisation de l’arsenic.

Il demandera la réintégration de cheminots révoqués lors de la grève générale des chemins de fer en 1910 Jaurès est un homme de terrain qui ’ hésite pas à se rendre aux cotés des gens, pas seulement pour les rencontrer mais pour être acteur, apporter des éléments de compréhension et intervenir.
En France il accompagne des luttes sociales très dures face à un patronat brutal.

En 1924, sa dépouille est transférée au Panthéon

Pour conclure Je paraphraserai Léon BLUM en disant :
« Nous gardons Jaurès pour nous et tout en le gardant pour nous, nous le remettons à la nation et à l’histoire,… »


ZEBDA. POURQUOI ONT-ILS TUE JAURES ? 9mn. par sergelesbre


Jaurès est vivant !


"Jaurès est vivant !" par lemondefr

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