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21 milliards d’économie pour la Sécu, mais c’est qui la Sécu ?

22 avril 2014, par Lolo

Quand on veut tuer son chien... on dit qu’il a la rage !!!

Je sais, pauvres salariés que nous sommes, nous raisonnons en centaines d’Euros, soit 1.712 euros ?
- C’est le salaire médian net en 2011. Cela signifie que la moitié des salariés français gagne plus et l’autre moitié gagne moins.

Alors même qu’ en France, un individu peut être considéré comme pauvre quand ses revenus mensuels sont inférieurs à 814 ou 977 euros (données 2011)

Il est donc plus facile de visualiser les centaines d’euros de minima sociaux aux... Comment les surnommes nos patrons et actionnaires déjà ? Ah oui les pauvres " les assistés..." pointés du doigt à longueur d’antenne plutôt que les milliards de profits chaque années des plus grandes fortunes.

Mais qui sont les véritables assistés ?
- Ne seraient ce pas ces mêmes patrons et actionnaires qui bénéficient d’une enveloppe globale des 230 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises, sous forme d’exonérations sociales et fiscales.

Encore une fois c’est les salariés de la sécurité sociale, les assurés et allocataires qui sont la première cible d’au moins la moitié des économies imposées par le gouvernement VALLS (21 milliards sur les 50 annoncées).

Pour exemple :
- Depuis deux COG soit 6 ans c’est près de 83 URSSAF de pleines entités qui ont disparus du paysage de la protection sociale.
- Des milliers d’emplois supprimés (Vous avez dit hausse du chômage Mr le président...)

- S’attaquer aux URSSAF dès 2006 c’était s’attaquer au financement de la sécurité sociale.
- Une restructuration sans précédant et des fusions à tous crins à échelle humaine (15.000 initialement) était un bon galop d’essai pour le gouvernement et nos Directions Nationales.

Comme l’avait en son temps dénoncée la CGT c’est le personnel et le rendu du service publique qui y ont laissé des plumes.

Lire la déclaration faite en 2006...

Des milliers de suppressions de postes, des réorganisations et restructurations quotidiennes, des déplacements d’agents d’un service à un autre, des mutations dites volontaires, la valeur du point gelée depuis 5 ans et des conséquences très négatives sur les conditions de travail ont entraîné une dégradation du service publique..

Et bien tous cela, n’est pas suffisant pour le gouvernement, c’est 21 milliards d’euros d’économies supplémentaires au total entre 2015 et 2017 pour la Sécurité sociale.

La Sécurité sociale et les assurés sociaux comptent parmi les cibles du gouvernement qui cherche à abaisser encore un peu plus le coût du travail et à réduire les déficits publics.

Le 8 avril, le Premier ministre a en effet annoncé la mise en place en 2015, puis 2016, d’allègements de cotisations, notamment patronales.

Si le gouvernement promet de compenser le manque à gagner dans les caisses de la Sécu, pour l’instant il ne dit pas comment.

Pour rappel :
- C’est 30 milliards d’exonération(1) chaque année de cotisations pour les employeurs.

Proposition de 0 cotisation pour les bas salaires, exonérations totales payées par les contribuables en plus des 30 milliards déjà ponctionnés dans la poche des ménages...

Dans le cadre du pacte de responsabilité, l’assurance-ma­ladie est ainsi invitée à réduire ses dépenses de 10 mil­liards d’euros en trois ans...

Cela alors que les dépenses de gestion du régime général s’élèvent à 10 mil­liards par an, que l’assurance mala­die réduira déjà ses dépenses de 2,9 mil­liards cette année et que le remplacement de 4 800 agents partant en retraite est d’ores et déjà gelé pour 2014.

La Sécurité sociale devra aussi trouver d’autres réductions de dépenses à hauteur de 11 milliards.

Fragiliser la sécurité sociale par le biais de son financement "Voila bien l’esprit revanchard des plus grandes fortunes de France qui s’emploient depuis sa création en 1945 à détruire la SECU"...

Ils n’ont toujours pas digéré le partage des richesses mis en place par le CNR et Ambroise Croizat et veulent récupérer leurs très grosse part du gâteau.

Vous avez dit "propriétaire", "actionnaire" mais en réalité de qui parle t’on vraiment ? Pas du salarié, de l’artisan, de l’autoentrepreneur ou du patron de PME, mais...

Pour rappel :
- Avant 1945, 80% de la richesse était détenue par les 256 grandes familles française.

CAC 40 :
- 67 milliards d’euros de profits en 2008
- 53 milliards d’euros de profits en 2009
- 83 milliards d’euros de profits en 2010
- 73 milliards d’euros de profits en 2011
- 59 milliards d’euros de profits en 2012
- 48 milliards d’euros de profits en 2013
Et pour eux ? Cela va bien merci...


Salaires : les grands patrons n’ont jamais gagné autant

En hausse de 5,5% (2), le salaire de base des dirigeants des entreprises de plus de 100.000 salariés dans le monde a battu un nouveau record au 1er semestre 2013. Et les bonus progressent malgré la crise.

Les dirigeants et membres de conseil d’administration de ces très grandes entreprises ont ainsi perçu en moyenne 660.000 euros de salaire "de base", soit 7 fois plus que la rémunération d’un chef d’entreprises dans une PME. La comparaison avec le salaire d’un cadre est encore plus cruelle puisque leur rémunération "fixe" est 40 fois moins élevé que celui d’un patron d’une très grande entreprise.

Une rémunération globale de 1,35 million par an


Asphyxier par la réduction du financement, casser la structuration de l’intérieur et réduire les dépenses de la Sécurité sociale.

Ces choix de sociétés anti-sociales ne sont pas une fatalité, réagissons

Laurent


(1) Depuis 1991, le montant des exonérations de cotisations sociales aux entreprises a été multiplié par 14 en 2006

En 2006, le montant des exonérations de cotisations sociales atteignait 23,9 milliards d’euros, pour atteindre environs 30 milliards en 2013.

(2) selon l’étude du cabinet Pedersen & Partners

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