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Urgence Salaire et égalité salariale - focus sur le SMIC....

16 avril, par Lolo

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Lolo
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“Seules sont perdues d’avance,
les batailles qu’on ne livre pas.”

Avec le "Quoi qu’il en coûte" Bercy et les banques deviennent, les véritables vaches à laits du Patronat qui reçoit sans compter, sans contrôle et surtout sans volonté de rembourser pour ceux qui "ce gavent" sur le dos de ceux qui créent les richesses.

Du coup la rigueur est sur toutes les lèvres des Ultra libéraux aux pouvoirs...
Ce sont pourtant bien les salariés qui paieront la facture, alors même que les plus riches s’en sont mis "plein les fouilles" en période de pandémie.

Le capitalisme c’est "Socialisé les pertes et privatiser les profits", c’est surtout la rigueur imposées pour les salariés "Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur " après avoir été privé de liberté pendant plus d’un an :
- La rigueur c’est la continuité de la paupérisation des salaires et la suppression d’emplois pour ceux qui créent les richesses en France.
- La rigueur c’est "le travailler plus et plus longtemps", soit pour mourir au taf, soit pour que la retraite redevienne l’anti-chambre de la mort (ouverture le Dimanche, suppression de certain jours fériés, de RTT...).
- La rigueur c’est la casse de la sécurité sociale et une santé publique au rabais, avec la continuité des fermetures d’hôpitaux, de lits, la pénurie de personnels médicaux.
C’est aussi une médecine à 2 vitesses qui va s’accélérer dans les prochaines années.

"Du coup, l’heure n’est pas à la résignation, ni à l’hypothétique attente de jours meilleurs, mais bien au tous ensemble en mouvements sociaux impulsés par la Cgt, derrière des revendications sociales justes et humaines pour un autre choix de société."

Pour l’exemple :
Quelques repères sur les salariés au SMIC en France.
(voiture balais)

La dernière étude de la DARES se base sur la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2019*.

Deux remarques préalables, d’une part cette étude très fine qui démontre l’importance d’avoir des services statistiques publics d’autre part.
D’un point de vue de méthodologie pour l’étude le nombre de salariées au SMIC = le nombre de personnes concernées par la revalorisation du SMIC au 1er
janvier.

Voici les faits marquants contenues dans cette dernière :
- La France comptait 2.32 millions de personnes au SMIC, sur les dix dernières années cette part était de 11.2% En 2010 elle était de 9.8% ;
- 38% des personnes au SMIC sont salariés d’une très petite entreprise ;
- Avant la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2019 22% des branches avaient des démarrages de grille inférieure au SMIC.

Après la revalorisation du 1er janvier 2019, 64% des branches ont des
démarrages de grille inférieurs au SMIC
(dont celle de la sécurité sociale, pour rappel : Niveau I et II et dernièrement Niveau III et cela sur seulement 4 niveaux d’employés, un véritable scandale...).

- C’est pourquoi la Cgt revendique une enveloppe conséquente pour une classification reprenant l’ensemble des revendications salariales (Stop à la néfaste classif. 2004 signé par la Cfdt).
- C’est pourquoi la Cgt revendique chaque année une augmentation de la valeur du point afin que celui-ci ne se dévalue pas dans le temps comme c’est le cas aujourd’hui (En 10 ans 0,5% d’augmentation, quel mépris...).
- C’est pourquoi la Cgt revendique à chaque revalorisation du SMIC, que cette augmentation soit automatiquement répercutée sur l’ensemble des grilles de classification.

Les salariés au SMIC par branche, avec un focus sur les branches en « 1ère ligne » pendant le confinement et dans la crise sanitaire :
- 16% des salariés de pharmacie d’officine à temps plein 22% de ceux à temps complet ;
- 15% des salariées de l’agro-alimentaire à temps plein, 34% de ceux à temps partiel ;
- 30% des salariés du commerce principalement alimentaire à temps plein 40% en temps partiel ;
- 18% des salariés du secteur sanitaire et social à temps complet dont 29% à temps partiel ;
- Dans cette branche 38% des salariées de l’aide accompagnement aux soins et services à domicile à temps complet, 43% à temps partiel ;
- 21% des salariés du secteur de la prévention sécurité (en les gardiens, vigiles…) et 36% des salariés à temps partiel.

Les "smicards" sont en réalité majoritairement des smicardes femmes

Alors même que les femmes représentent 44% des salariées du secteur privé, 58.5% des smicards sont des femmes, elles sont ainsi 1.39 millions de salariées.
65% des salariés concernées par la hausse du SMIC dans les entreprises de plus de 500 salariés sont des femmes.
La sur-représentation des femmes se trouvent dans toutes les tailles d’entreprise.
Idem dans quasiment tous les regroupements de branche.

L’URGENCE DU COMBAT DES SALAIRES

Au-delà des grands discours sur les salaires, la réalité est celle d’une austérité insupportable :
1) Après le signal politique des APC (accords de performance collective) faisant du chantage à l’emploi sur le thème de la baisse des salaires.
Par exemple chez Derichebourg ou dans le groupe L’Équipe, les patrons ont présenté un budget minimaliste pour les hausses de salaires, plafonné à 1,4 %, soit le niveau le plus bas depuis dix ans selon l’Observatoire annuel des rémunérations LHH.
Dans le même temps, les entreprises du CAC 40 annoncent que 2021 sera celle du rattrapage pour les dividendes !
2) Quand on sait que certaines entreprises comme Sanofi, Total ou Vivendi ont augmenté la rémunération des actionnaires, on croit cauchemarder car dans le même temps, le gouvernement refuse toute augmentation du Smic en dehors du rattrapage de l’inflation.
Pour obtenir des baisses de salaires par tous les moyens, les patrons sont parfois prêts à tout.
Ainsi, au sein d’un l’Ehpad, sous prétexte de l’attribution d’une prime sur le salaire de base et 200 euros bruts la direction baisse le taux horaire de 81 centimes de l’heure.
On ne le dira jamais assez : la prime n’est pas le salaire !
Le patron a la mainmise pour revenir comme il le veut sur la prime, y compris en jouant sur la division entre salariés.
De plus, le salaire ouvre toujours des droits via les cotisations, contrairement à la prime qui ne génère pas systématiquement de cotisations !

Le trompe-l’œil du gouvernement

Le gouvernement semble déterminé à rouvrir le chapitre du trompe-l’œil de la « Prime Macron », histoire d’apaiser la colère en bernant le salariat.
À l’opposé de cette prime défiscalisée et exemptée de cotisations, soumise au bon vouloir de la direction, la Cgt exige des hausses du salaire de base.
L’augmentation des salaires n’est ni l’aumône, ni la charité !

Augmenter les salaires et passer aux 32 heures, c’est possible

Jouer sur la culpabilisation, dans le contexte de la crise sanitaire pour obtenir la résignation des travailleuses et des travailleurs est une vieille recette du patronat.
Mettons les employeurs face à leurs contradictions !
Par exemple, le groupe lyonnais LDLC, spécialisé dans le matériel informatique, qui ne remet pas en cause les hausses de salaires tout en lançant la semaine de 32 heures sur 4 jours.
Si c’est possible pour une entreprise de 1000 salariés ça l’est pour beaucoup d’autres !

Dans tous les secteurs, des luttes pour les salaires.

Pourtant dans la période, des luttes offensives de salariés se développent pour des hausses de salaires, pour partager les richesses de leur travail autrement, malgré les moyens que mettent les patrons, épaulés par les politiques gouvernementales, pour éluder cette exigence.

Dans des régions et des professions très diverses, des syndicats Cgt parviennent à mobiliser les salariés dans des mouvements de grèves ponctuels ou reconductibles, avec des mobilisations sous différentes formes, structurées et très déterminées, et qui permettent de gagner des hausses de salaires et des revalorisations de primes.

L’augmentation des salaires, c’est nécessaire...

* Cette note a été publié en décembre 2019.