VIRAGE HUMAIN

Accueil > Les Campagnes d’infos > Retrait de la "Loi Travail" > 1936 Anniv. de la victoire du Front populaire - 2016 Loi Travail : la balle (...) 

Version imprimable de cet article IMPRIMER

1936 Anniv. de la victoire du Front populaire - 2016 Loi Travail : la balle dans le camp des député(e)s

3 mai 2016, par Lolo

Il y a 80 ans, pour la première fois de l’histoire de la IIIe République, la gauche arrivait au pouvoir.

Le 3 mai 1936, le Front populaire mené par Léon Blum remportait le second tour des élections législatives.

Mais cette coalition, composée de socialistes, de radicaux et de communistes, est confrontée dès le lendemain de sa victoire à une vague de grèves sans précédent en France.

En 1936, les salariés veulent ainsi fêter l’événement mais aussi faire pression sur le prochain gouvernement pour obtenir des avancées sociales.

En 2016, avec un gouvernement dit de gauche c’est régression sociale.

Après un 1er mai sous le signe du retrait de Loi travail,
ce mardi 3 mai interpellons les députés,
jour d’ouverture du débat à l’Assemblée nationale.


Communiqué commun CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL et FIDL

Les organisations syndicales de salarié(e)s, lycéen(ne)s et étudiant(e)s, CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL FIDL réunies le 2 mai 2016 réaffirment leur détermination à obtenir le retrait du projet de loi travail et à gagner de nouveaux droits.

Elles rappellent une fois encore que manifester est un droit et que les pouvoirs publics doivent garantir la sécurité des manifestants dont l’objectif est d’obtenir le retrait du projet de loi. Elles contestent la stratégie du maintien de l’ordre mise en place dans certains départements.

Les organisations signataires en appellent encore au gouvernement avant l’ouverture du débat parlementaire.

Elles interpellent les députés qui vont examiner le projet dès le 3 mai en leur rappelant leur courrier du 31 mars 2016 et les exhortent à rejeter ce projet de loi qui accentue la précarité, marque la remise en cause des conventions collectives, ruine les garanties collectives. Elles exigent le maintien de la hiérarchie des normes et du principe de faveur protecteur des droits des salarié(e)s.

Ce 3 mai, elles s’exprimeront publiquement lors de meetings, notamment à Paris pour rappeler aux parlementaires leurs revendications.

Elles tiendront des rassemblements sur tout le territoire pour parler d’une seule et même voix.

Elles demandent aux salarié(e)s dans les entreprises et les administrations de multiplier les assemblées générales pour débattre de l’amplification de la mobilisation, y compris par la grève, pour obtenir le retrait du projet de loi.

Elles demandent à leurs organisations régionales, départementales et locales de poursuivre les actions, manifestations ou grève pour faire pression pendant le débat parlementaire.

Elles conviennent de faire du 12 mai une journée d’initiatives et d’interpellations des parlementaires.



À quel jeu joue Manuel Valls ?

Confronté à une contestation sociale qui perdure, le Premier ministre persiste à maintenir le cap et la philosophie de la réforme du Code du travail et à refuser d’ouvrir des négociations.

Alors qu’il a perdu la bataille de l’opinion, il est tentant pour le chef du gouvernement de jouer le pourrissement.
Alors que chacun sait que les violences en marge des manifestations ne sont pas l’œuvre des organisations syndicales ni de leur responsabilité, Manuel Valls a cru bon de les mettre en cause, incapables selon lui d’assurer le service d’ordre.
À quoi peut bien conduire cette duplicité du gouvernement qui essaye de se décharger de ces dérapages sur les organisateurs des manifestations.

Les propos tenus par certains responsables politiques sur la responsabilité des syndicats participent du discrédit des organisations syndicales.
La vérité est très simple, les syndicats gèrent la sécurité des manifestations en assurant leur service d’ordre.
Ils n’ont ni vocation, ni mission de maintien de l’ordre autour des cortèges, en amont des parcours ou dans les rues adjacentes.
Faire porter le soupçon sur une connivence ou sur une irresponsabilité des syndicats vis-à-vis de ceux qui commettent les violences et les dégradations, c’est à la fois indigne, stupide et contre-productif.

Mais c’est aussi de la part de l’exécutif un prétexte pour serrer la vis des syndicats.
Ainsi, jeudi dernier à Saint-Denis après que plusieurs centaines de manifestants ont bloqué le port de Gennevilliers, ils ont été encerclés par les forces de l’ordre, et 120 d’entre eux ont été interpellés.
Deux d’entre eux ont été placés en garde à vue : un syndicaliste de Sud-Rail et un sociologue, enseignant-chercheur à l’université Vincennes Saint-Denis (Paris 8) et syndiqué à la CGT, Nicolas Jounin.
Tous les deux accusés d’avoir commis des violences contre les forces de l’ordre.
Ces cas ne sont pas isolés puisque deux militants cheminots de Villeneuve-Saint-Georges ont été arrêtés lors de la manifestation de Paris.
Arrestations, gardes à vue sommaires, comparutions immédiates sont les symboles d’une justice expéditive auxquelles il faut ajouter un usage disproportionné de la force et des armes comme en témoigne la bavure filmée devant le lycée Bergson à Paris ou encore la blessure irrémédiable infligée à une jeune manifestant à Rennes qui a perdu un œil à la suite d’un tir de balle de défense.

N’ayant retenu aucune leçon de la mort d’un manifestant tué par une grenade à Sivens, Valls et Cazeneuve autorisent et justifient l’usage d’armes qui selon l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), ont fait « en France, entre 2004 et 2015, 39 blessés graves et un mort ».
Des armes dont le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a recommandé en juillet dernier « d’interdire l’usage dans un contexte de mobilisation ».
Des armes contre l’usage desquelles des politiques de gauche, des représentants du monde culturel, ont lancé dimanche un appel.

Brandir la peur, la menace et la répression, susciter le rejet de l’opinion contre la mobilisation est un pari très risqué.
C’est une posture qui ne mène qu’à l’impasse et qui sert de prétexte à une pseudo-radicalisation.

Portfolio