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Généralisation d’une couverture complémentaire santé dans toutes les entreprises...

10 février 2016, par Lolo

Avancée sociale ou bouleversement du système de Sécurité Sociale ?

Depuis janvier, les contrats de complémentaire santé sont obligatoires à l’entreprise.

C’est l’application de l’Accord National Interprofessionnel du 11 janvier 2013 signé entre la CFDT, CGC, CFTC et le patronat, combattu par la CGT. 600 000 entreprises, essentiellement les TPE - PME, étaient non pourvues de contrat complémentaire Santé, soit 4 millions de salariés dont la grande majorité 3,6 millions avait déjà un contrat individuel pour eux même et leur famille.

Ce nouveau contrat captif et juteux est une aubaine pour les assurances privées.
La bataille commerciale est ouverte avec un marché de 4 milliards d’euros qui s’ouvre.

Par contre, il n’est pas du tout sûr que les salariés concernés par ce contrat obligatoire s’y retrouvent même si la participation financière de l’employeur au dispositif est de 50%.

Le Conseil Constitutionnel a retoqué la possibilité de négociations
de contrat par branches professionnelles, pourtant ceux sont-elles qui auraient pu garantir aux salariés une meilleure négociation des complémentaires santé.

La réalité aujourd’hui : Un contrat obligatoire de base anémique avec un « Panier de soins » à minima.

Il se limite au remboursement après intervention de l’Assurance Maladie du ticket modérateur pour arriver au maximum à 100% du tarif défi ni par la Sécu, remboursera « en plus » le forfait journalier hospitalier de 18
euros/jour et participera aux frais optique d’une paire de lunettes tous les 2 ans (100 à 200 euros suivant le type de verre).

Les assurances privées ont fl airé la bonne affaire et bradées les premiers contrats à 30 ou 40% du coût réel, pour capter une future clientèle de salariés qui de fait se trouvera avec une complémentaire santé d’entreprise à minima et dans l’obligation de se payer une « sur
complémentaire » pour eux et leur famille.

Soit un 3ème niveau de couverture santé uniquement réservé aux salariés pouvant encore se l’offrir.
Ce 3ème niveau sera souscrit entièrement à leur frais.

Les assurances privées lorgnent toutes sur ce marché laissant les Mutuelles en situation financière fragile.

Les Mutuelles vont perdre leurs adhérents individuels actifs fragilisant leur équilibre financier les contraignant mécaniquement à augmenter les niveaux de cotisation des adhérents individuels comme les retraités, les privés d’emploi… en fait tous ceux qui n’auront pas accès à la
complémentaire santé d’entreprise.

C’est une prise en charge des besoins de Santé à 3 niveaux qui s’installe.

C’est l’avenir de la Sécurité Sociale qui est fragilisée.

Pour la CGT la seule solution est de ré inverser le désengagement de la Sécurité Sociale dans la prise en charge du remboursement des soins courants.

Aujourd’hui, le « petit risque » comme le qualifie l’Assurance Maladie n’est remboursé qu’à 50% par la Sécu :
C’est la visite chez le médecin, les médicaments, les soins réparateurs chez le dentiste… sans oublier le scandale d’une prise en charge quasi nulle de l’optique ou de la prothèse dentaire qui font qu’en France le président Hollande peut qualifier les plus pauvres de « sans dents ».
C’est aussi pour les 20-60 ans, une population majoritairement en bonne santé, l’appréciation d’une Sécu qui dans la prise en charge de leurs besoins de Santé courant rembourse mal.

Un jugement façonné sur leur vécu, mais qui n’appréhende pas la réalité d’une Sécu qui prend en charge les besoins de santé de la population : prise en charge à 100% des Affections Longues Durée, des pathologies
longues et coûteuses, souvent chroniques.
Dans les faits une Assurance Maladie solidaire et universelle qui couvre
plus de 70% des besoins de santé de la population de la naissance à la fin de vie.

Plutôt qu’une complémentaire santé à minima, il faut reconquérir une Sécurité Sociale qui doit mieux prendre en charge tous les besoins de Santé.
Il faut améliorer et garantir notre système solidaire et assurer les recettes de l’Assurance Maladie pour y répondre.

C’est possible, son financement est essentiellement basé sur le salaire socialisé.
Développer l’emploi, augmenter les salaires et stopper l’hémorragie
des 230 milliards d’aides et d’exonérations aux entreprises, ça c’est une vraie idée neuve !