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Privatisation des autoroutes les usagers payent la facture

Nationalisation des dettes et privatisation des bénéfices

26 septembre 2014, par Lolo

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Lolo
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Le Scandale De La Privatisation Des Autoroutes
Quand L’actionnaire Détrousse Les Automobilistes !

- Plus fort encore que l’emprunt Giscard indexé sur l’or - une catastrophe pour les finances publiques ;
- Plus insondable que le plan informatique des années 80, qui s’avérera un gouffre sans fond,
La privatisation des autoroutes, finalisée en 2005 sous la présidence Chirac, figure déjà en tête du concours de « la plus mauvaise affaire jamais faite par l’Etat ».

Comme le confirme Un récent rapport de la Cour des comptes.

Depuis la privatisation, les actionnaires de Vinci, Eiffage et Abertis se partagent un milliard d’euros de dividendes.

Et la facture pour les usagers ne cesse d’exploser...

Après les scandaleuses privatisations des sociétés d’autoroutes en 2005, bradant le patrimoine routier à des groupes privés qui ont engrangé pas moins de 2 milliards d’€ de bénéfices net en 2011, le Gouvernement actuel poursuit cette politique dévastatrice en voulant céder les routes nationales par de nouvelles concessions aux sociétés privées concessionnaires actuelles.

C’est la double peine pour l’usager contribuable, qui a, largement par ses impôts, financé les réseaux routiers et qui devra maintenant en payer l’usage à travers des péages en constante augmentation ! C’est la liquidation du patrimoine national et du service public routier qui est en marche !

7 000 kilomètres d’autoroutes françaises, dont la plupart étaient largement amortis, aient été concédés, en 2005, à trois multinationales du béton et du transport (Vinci,
Eiffage et la société espagnole Abertis) pour la somme vraiment modique de 14,8 milliards d’euros ?

Soit, pour l’État, un manque à gagner, estimé par la Cour des comptes de 10 milliards d’euros !

Cette privatisation des autoroutes a initiée, en 2002, par le gouvernement Chirac-Jospin, bouclée en 2005-2006 par Chirac-Villepin.

Hausse des tarifs autoroutiers

Le ministre des Finances de l’époque, Thierry
 Breton, s’était montré rassurant : «  Ne craignez rien (sic) car c’est l’État qui contrôlera et qui fixera les tarifs (des péages).  »

Dans un rapport publié en juillet 2013, la Cour des comptes juge, au contraire, que l’État n’a, depuis, jamais fait le poids : «  La négociation des avenants aux contrats de concession et le suivi par le concédant (le ministère des Transports) se caractérisent par un déséquilibre au bénéfice des sociétés autoroutières.  »

Un point crucial : «  Le décret de 1995 garantit aux sociétés concessionnaires une hausse annuelle minimale des tarifs de 70 % de l’inflation, alors même que les hausses observées sont nettement supérieures à ce seuil, notamment chez SAPN, ASF et Escota filiale de Vinci.  »

À un monopole d’État, critiqué lui aussi en son temps pour ses augmentations de tarifs, s’est substitué un monopole privé.

En fin de compte, le principal gagnant est bel et bien l’actionnaire tandis que, ainsi que le note la Cour des comptes, «  le taux de satisfaction des usagers a fortement chuté.

Selon André Chassaigne, "la moitié des bénéfices de Vinci est reversée sous forme de dividendes".


L’appel des élus contre la privatisation des autoroutes



Déclaration CGT

Privatisation des autoroutes, un scandale national qui perdure !

Le 17 septembre 2014, l’Autorité de la concurrence a publié un rapport dénonçant une véritable « machine à fric » pour les géants du BTP, actionnaires des sociétés d’autoroutes.

En 2005, la CGT avait combattu la privatisation des autoroutes imposée par le gouvernement de Dominique de Villepin et de son ministre de l’Economie Thierry Breton, qui affirmait, à l’époque, que « l’Etat contrôlera et fixera les tarifs (des péages) » et n’hésitait pas à sanctionner sévèrement les militants CGT qui s’opposaient à ce bradage devenu un scandale national.

On se souvient qu’un rapport de la Cour des comptes de 2008, confirmait ce qu’a toujours dit la CGT, en reconnaissant que la cession, pour une valeur d’achat de 14,8 milliards d’euros, était inférieure aux estimations de la valeur du patrimoine routier entraînant une perte d’1 milliards d’euros par an sous forme de dividendes liés aux participations de l’Etat.

Le chiffre d’affaires de l’ensemble des 19 Sociétés Concessionnaires d’Autoroutes (SCA), parmi lesquelles VINCI ; ASF/ESCOTA ; EIFFAGE:APRR/AREA ; ABERTIS : SANEF/SAPN), est en constante progression (+ de 20%) découlant essentiellement de l’augmentation des tarifs de péages, bien supérieure à l’inflation.

Le rapport de l’Autorité de la concurrence précise également que « l’Etat a privatisé les SCA au moment même où leur rentabilité a commencé à croître fortement jusqu’à atteindre les niveaux actuels (…).

Sept années après la privatisation, les dividendes versés par les seules SCA privatisées se sont ainsi élevés, dividendes exceptionnels inclus, à 14,9 milliards d’euros ».

Démonstration est également faite que le coût du péage est nettement supérieur au coût réel des activités de fonctionnement de l’autoroute permettant à ces profits une progression permanente : alors que le prix du kilomètre pour l’usager ne cesse d’augmenter permettant l’accroissement du chiffre d’affaire, les effectifs des personnels des autoroutes ont été réduits de 17% depuis la privatisation, et comptent 2776 agents en moins.

Dans le même temps, depuis 2013, les SCA touchent le Crédit d’Impôt compétitivité Emploi (CICE). Scandaleux !

En plein débat sur la transition énergétique, et à la veille d’une nouvelle conférence environnementale où les transports feront l’objet d’un débat spécifique, il est urgent de prendre des mesures pour que cette manne financière serve l’intérêt général, notamment pour développer les modes alternatifs à la route dans une conception multimodale, tout en permettant le financement de la régénération et de la modernisation des réseaux ferrés, fluviaux et routiers nationaux non concédés.

Pour la CGT, deux urgences s’imposent :

Stopper immédiatement le processus en cours de privatisation et de mise en concession de routes nationales.

Renationaliser les sociétés d’autoroutes privatisées en 2005/2006, en légiférant à nouveau à partir du projet de loi déjà débattu au Sénat.

Le rapport de l’Autorité de la concurrence place l’activité des autoroutes comme « activité de service public ».

Pour la CGT, cela passe par une maîtrise et un contrôle public ! Il en va de l’intérêt général.