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Lettre économique n°43

8 février, par Lolo

Le syndicalisme, une nécessité dans un monde bouleversé

Les mots nous manquent pour formuler ce que l’humanité et la planète sont en train de vivre.
La pandémie révèle à l’échelle du globe les inepties de fonctionnement d’un système où les intérêts privés de quelques uns préemptent les choix et les besoins du plus grand nombre.

Pour nous c’est la course aux vaccins, pour eux la course aux profits.
On voit déjà que seuls ceux qui en auront les moyens seront servis, quelles qu’en soient les conséquences sur les évolutions de la maladie.

L’initiative unitaire et internationale « Pas de profit sur la pandémie », dans laquelle se sont inscrites la CGT et plusieurs fédérations, est une des réponses nécessaires.

Parce que nous habitons l’un des pays les plus riches du monde, les conséquences des choix présidentiels sont d’autant plus graves.
Leurs mesures sont injustes socialement, inefficaces économiquement, insoutenables écologiquement et dangereuses sanitairement.
Ils exécutent sciemment un plan antisocial coordonné, en dérégulant ce qui corrige les inégalités, et en bridant ce qui fait démocratie.

Dans leur plan, les aides par milliards se concentrent encore sur les grosses entreprises sans contrôle ni contrepartie.

L’austérité imposée pendant des années au service public et à la population « parce qu’il n’y a pas d’argent magique », est immédiatement oubliée quand ce sont les actionnaires des grands groupes qu’il faut aider…
Et dès que la reprise frémit, vite ! Il faut faire payer l’addition aux salariés, en diminuant les droits et en allongeant le temps de travail dans l’année ou dans la vie…

Pour libérer le marché, on privatise les parties rentables et on nationalise ce qui leur coûte cher…
La situation dans l’énergie cumule leurs choix scandaleux, où l’on brade les outils du présent au lieu de construire un grand pôle public pour l’avenir.
Mais la résistance des salariés appuyés par toutes les confédérations démontre aux gouvernants que l’avenir de ce bien commun ne peut pas se décider sans eux.

Partout, la CGT cherche à construire collectivement des réponses pour stopper les reculs sur les droits en demandant la suspension des accords régressifs (APC, RCC) et des licenciements.
Elle propose de défendre les emplois et la planète en relocalisant les productions industrielles, en se servant des commandes publiques pour faire respecter des critères sociaux et environnementaux.

Elle est cohérente en argumentant qu’il ne faut pas travailler plus, mais travailler toutes et tous, en menant la bataille des 32 heures, ou encore lorsqu’elle exige d’abandonner définitivement le projet de retraite par points pour revenir aux 60 ans en améliorant les pensions !

Les résultats indécents des grandes entreprises exigent de les mettre immédiatement à contribution : impôts Covid sur les dividendes, taxe sur les Gafam, arrêt du scandale des exonérations sociales ou de la fraude fiscale…

Nos propositions sont cohérentes, portons-les partout pour inverser le rapport de force.
Pour se défendre, le syndicat n’est pas un choix mais une nécessité.
Il faut en prendre soin et ne pas s’isoler pour que, dans le monde qui vient, il soit l’outil gagnant pour les salariés.