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Lettre économique n°42

2 décembre 2020, par Lolo

Lettre économique n°42 de novembre 2020
Crise sanitaire : l’urgence de la lutte sociale

La crise sanitaire se transforme peu à peu en crise économique et en crise sociale.

Le nombre de personnes en situation de pauvreté devrait atteindre les 10 millions en 2021. Le nombre de chômeurs est lui aussi en train d’exploser (même si les statistiques sont largement incomplètes pour l’heure).
Pour quelle réponse du gouvernement ?

À peu près rien, si ce n’est une minuscule revalorisation de l’allocation de rentrée de scolaire.
Quid des jeunes de moins de 25 ans qui n’ont droit à aucune aide ?
Quid des centaines de milliers d’étudiants laissés à l’abandon ?
Quid des intérimaires, des précaires, des chômeurs, des bénéficiaires de minima
sociaux ?
Quid des femmes qui subissent encore plus les effets des inégalités et des violences sexistes et sexuelles ?

Pour celles et ceux-là et les autres, le gouvernement connaît deux réponses, et deux seulement.

La première, c’est : circulez, il n’y a rien pour vous !
Le gouvernement sait se montrer généreux avec les grands groupes : 10 milliards de nouveaux cadeaux fiscaux, alors qu’une étude sortie ce mois-ci rappelle que ce cadeau bénéficiera d’abord aux entreprises les moins impactées par la crise sanitaire.
Il n’hésite pas a contrario à ne pas dépenser un centime supplémentaire pour
l’urgence sociale, fidèle à ses principes économiques d’un autre temps.

La deuxième, c’est : circulez à nouveau, mais par la matraque cette fois.
Deuxième temps de la réponse, répressive cette fois, alors qu’est discutée en ce moment la mal nommée « loi de sécurité globale ».

Au menu : atteinte à la liberté de manifester via l’usage de drones et de la reconnaissance faciale, et atteinte à la liberté de la presse via l’interdiction de filmer le visage des policiers.
La surenchère sécuritaire au lieu de la prise en compte de l’urgence sociale, voilà le projet gouvernemental.

Le patronat, quant à lui, peut se frotter les mains. Avec un « plan de relance » taillé
pour répondre à ses demandes (via une énième baisse de fiscalité), qui ne comporte rien à destination des ménages, pas même pour les plus précaires, la politique économique du gouvernement ne dévie pas d’un iota.
Jusqu’à quand ? Est-ce une explosion sociale que souhaite le gouvernement ?
C’est ce qui l’attend s’il ne change pas de braquet, et vite.