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III - Répondre aux urgences environnementales

28 mai, par Lolo

Il y a urgence à se saisir des question environnementales.
Le modèle économique et de développement tel qu’il fonctionne aujourd’hui pille les ressources naturelles et prive bon nombre d’entre nous à leur accès universel.

Le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité tel qu’étudié et décrit par les milieux scientifiques frappe déjà les populations dans le monde entier et fait courir un risque immense à l’humanité entière à court terme.

Les bouleversements actuels du climat et des océans renforceront à coup sûr les inégalités, les tensions, les affrontements entre les nations et impacteront donc les peuples, provoquant toujours plus de migrations et de flux de réfugiés.

En France comme partout, ce sont les plus pauvres et les plus précaires qui sont les plus exposés aux catastrophes écologiques en cours, victimes de la malbouffe, de l’insalubrité des logements, des expositions dangereuses au travail, etc.

Ce sont eux également qui souffrent le plus des difficultés d’accès au service public. Pour les 9 millions de citoyens qui vivent en-dessous du seuil de pauvreté, la fin du mois est évidemment une préoccupation centrale.

Les crises sociale et écologique puisent leurs racines dans des décennies de politiques d’affaiblissement des conquis sociaux, des services publics et de désindustrialisation.

Cette politique se poursuit et s’amplifie avec la politique ultra libérale du gouvernement Macron qui refuse l’indispensable investissement public et rémunère toujours plus le capital et les actionnaires, au détriment du travail et de l’environnement.

Nous portons en commun, avec des organisations syndicales et environnementales, l’urgence de changer radicalement de modèle de société et d’agir contre la destruction programmée de notre environnement, la détérioration de nos conditions de vie et de travail, pour la justice sociale et la préservation des ressources de notre planète.

La Cgt porte de nombreuses revendications à la fois sociales et écologiques dont :
-  la relocalisation des outils de production avec des normes sociales et environnementales hautes ;
- le développement du fret ferroviaire et des modes de transport respectueux de l’environnement ;
- la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires ;
- le développement des services publics sur l’ensemble du territoire ;
- pour une sécurité sociale intégrale.

Mieux contrôler les réglementations environnementales

De multiples outils sont à la disposition des pouvoirs publics pour agir en cohérence avec les objectifs affichés.

Parmi ceux-ci la capacité des administrations des finances à mettre en œuvre et à contrôler les réglementations environnementales doit être préservée et développée.

Des services publics performants sont en effet un atout pour améliorer les performances énergétiques dans le secteur du bâtiment, dans les transports, dans les modes de production et de consommation.

Cela suppose de développer l’expertise, la compétence et l’efficacité des services économiques et financiers.

Les implications sociales des transformations des modes de production et de consommation doivent être le fil conducteur de la transition écologique.

Une fiscalité environnementale juste

La fiscalité environnementale, est un instrument économique qui peut contribuer à la transition écologique à condition de l’inscrire dans des évolutions plus globales de la fiscalité.

Elle représente en 2019 environ 58 milliards d’euros, soit plus de 5% des prélèvements obligatoires.

Des objectifs environnementaux n’ont été explicitement assignés à la fiscalité énergétique que récemment alors même que cette imposition est une imposition régressive en fonction des niveaux de revenus.

En effet, la fiscalité énergétique (notamment fiscalité de l’électricité, des produits gaziers et pétroliers et la TVA afférente) représente un poids plus élevé dans le budget des ménages modestes que dans celui des ménages aisés.

La question d’une tarification du carbone de nature à réduire les émissions de gaz à effet de serre doit être posée.

Pour la Cgt, il faut replacer la fiscalité carbone dans une stratégie fiscale d’ensemble socialement juste et efficace.

Au-delà du taux, la question de l’injustice de l’assiette de la taxe carbone a été posée avec force lors de la crise de 2018.

Cette fiscalité environnementale vise à modifier les comportements, elle doit donc être incitative : il faut favoriser les activités économiques ayant une empreinte écologique faible.

La fiscalité environnementale n’a ni la vocation ni la capacité de financer la transition écologique mais elle peut constituer un instrument de financement donnant de la visibilité et de la lisibilité dès lors qu’une cohérence dans les financements publics est recherchée avec la réduction des dépenses fiscales défavorables à l’environnement et au climat.