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ADP, l’Etat vend ses bijoux de famille...

14 août, par Lolo

Participations de l’Etat :
Un portefeuille qui pèse plus de 83 milliards d’euros en Bourse

Le Parlement Français a voté, le 11 avril, dans le cadre de la Loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), la privatisation du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) dont il possède actuellement 50,6% du capital, mais aussi la privatisation de La Française des jeux (FDJ) et d’Engie.

Le Groupe ADP constitue en valeur la deuxième participation dans les entreprises cotées au CAC 40, après EDF.
Il pèse environ 12 % du portefeuille boursier des participations de l’Etat et ses bénéfices (610 millions d’euros) sont en hausse de 6,9% en 2018, après plusieurs années de très bons résultats.(2)

Le Groupe ADP verse donc des dividendes, qui s’élevaient à 174 millions d’euros en 2018, dividendes qui ont doublé en cinq ans.

Une politique qui sert les intérêts financiers du grand capital au détriment des citoyens depuis de nombreuses années.

Baisse drastique du nombre d’entreprises publiques, en raison de plusieurs vagues de privatisations successives depuis 1986, le nombre de sociétés contrôlées majoritairement par l’Etat, directement ou indirectement (par le biais de la CDC, Bpifrance…), ainsi que leurs effectifs salariés ont subi une diminution drastique (3).

Ainsi le nombre de sociétés ou l’Etat est majoritaire a été divisé par deux en 30 ans et les effectifs par trois.

Au secours ils nous rejouent "le coût" de la privatisation des autoroutes (1), Mais cette fois...

Depuis le 13 juin, les citoyens français ont la possibilité de demander un réexamen en recueillant le soutien de 4,7 millions de signataires sur une plate-forme dans le cadre de la nouvelle procédure de référendum d’initiative partagée (RIP), dans un délai de 9 mois (du 13 juin 2019 au 13 mars 2020).

Soutenir le référendum sur ADP...
(pensez à vous munir d’une pièce d’identité)

RIP oui mais sous silence gouvernemental...
« Dans la loi organique, rien n’est prévu pour amener le gouvernement à avoir une forme de communication pour dire que ce référendum existe », aucun « dispositif particulier » n’a été pensé.
Pour l’instant, il appartient aux seuls médias audiovisuels, publics ou privés, de déterminer librement les modalités d’information des citoyens.

C’est dans ce contexte qu’au 1er juillet, le Conseil constitutionnel recensait 480.300 soutiens sur le site, soit bien loin des 10% d’électeur pour demander un réexamen du texte.

L’enjeu de ce référendum porte pourtant sur une proposition de loi visant à « Affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris ».

Ce référendum est surtout une exigence de plus de démocratie, dans la capacité des citoyennes et citoyens à décider du devenir des biens et richesses de la nation, ce qui n’a pas été le cas, par exemple, lors des privatisations des autoroutes…

Réapprendre la démocratie citoyenne en France...Pas si simple...

Franchir le pas de la démocratie pour passer du mécontentement à l’engagement militant dans un parti politique, une association ou un syndicat par exemple, semble moins évident en France qu’ailleurs…
S’engager et s’investir pour une cause demande de l’abnégation dans une société de plus en plus individualisé.

Pour l’exemple la France fait partie des pays peu syndicalisé avec un très faible taux de salariés syndiqués dans les entreprises, mais que penser de celui des partis politiques ? (Voir graphique)

- En 2016 seuls 8% ont une carte syndicale, ce qui représente environ 2 millions sur 25 millions de salariés, selon le ministère du Travail.
- Si vous aussi, vous trouvez que c’est très peut, alors imaginez l’infime minorité que représente les adhérents des partis politiques avec moins d’1% soit environ 500.000 adhérent sur 47.581.118 électeurs inscrits.
Et quand on pense que les politiques osent parler de légitimité syndicale… De qui ce moque t’on ??

nombre d’adhérents Syndicats/Partis politiques en 2016...

Il faut signaler aujourd’hui une certaine crise du militantisme.
Les partis ont du mal à recruter de nouveaux adhérents.
Cette situation est liée, de manière plus générale, à une crise de l’action collective qui touche aussi les syndicats.
Toutefois, il convient de nuancer cette affirmation, dès lors que, mis à part le cas du Parti communiste (jusqu’aux années 1980), et le nombre d’adhérents de la Cgt qui a atteint les 5 millions après la guerre et durant les Trente Glorieuses, avant de se replier aux alentours de 2 millions sous les coups de sape de la désindustrialisation dans les années 1980 et le développement du tertiaire, est aujourd’hui a 680.000 adhérents.
D’après vie publique " La France n’a jamais été, à l’exception de brèves périodes (Front populaire, Libération, mai 1968), un pays de fort militantisme partisan " (4)


Citation

"Soyez surtout capable de sentir, au plus profond de vous-mêmes, toute injustice commise contre quiconque en quelque partie du monde. C’est la plus belle qualité d’un révolutionnaire".
lettre du Che à ses enfants.

L’affiche


1) Les autoroutes ont été construites par la puissance publique, avec l’impôt des citoyens. Alors que les investissements commençaient juste à être rentables pour l’État, ce dernier a donné des concessions aux groupes Vinci (fr), Eiffage (fr) et Abertis (Espagne) pour la modique somme de 14,8 milliards d’euros.

Une sous-évaluation de 10 milliards d’euros selon la Cour des comptes (2009) !
Pour rappel c’est Dominique de Villepin qui a mené ces négociations lourdes de conséquences pour la Nation.
En échange, ces entreprises ont le droit à une concession de 25 ans et doivent reverser une rente à l’État sous forme de taxes et d’impôts (20 milliards d’euros ces 10 dernières années).

Lire les articles du monde :
2) Les questions que pose la privatisation des aéroports de Paris...
3) Privatisations : de quoi l’Etat est-il (encore) propriétaire ?

4) Vie publique….