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Hausse de l’électricité, un nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat des Français

1er août, par Lolo

Cela fait maintenant 10 ans que l’énergie est privatisée et en 10 ans le prix de l’électricité en France à augmenté de 50% pour les ménages.

Depuis quelque vingt ans, le secteur énergétique et plus particulièrement celui de l’électricité a connu une mutation qui repose sur une constante européenne : mettre le marché au cœur des réformes et désétatiser des activités reconnues précédemment comme régaliennes.

Privatisation à outrance un dogme purement libéral.

Les directives successives de mise en place du marché commun (1), ou la Commission impose l’idée que la concurrence est le principal moteur de l’efficacité économique...
Comme pour les autoroutes...(Lire l’article du 26/9/2014 : Privatisation des autoroutes les usagers payent la facture...).

Dès 1996, sur injonction européenne, la première directive de libéralisation partielle de l’électricité est approuvée par le premier ministre, M. Alain Juppé.
En 1998, une autre directive faisait de même pour le gaz avec l’accord du gouvernement de M. Lionel Jospin.
Les députés du Parti socialiste (PS) votent ensuite la loi de modernisation du service public de l’énergie, en février 2000, qui ouvre la voie à la désintégration et la privatisation d’Electricité de France (EDF).
Finalement, en 2002, le gouvernement de la gauche plurielle décide de l’ouverture totale des marchés du gaz et de l’électricité au 1er juillet 2004 pour les professionnels et au 1er janvier 2007 pour les particuliers.

Le but de toutes ces manœuvres est simple : se débarrasser de la verrue des monopoles d’Etat qui représente, aux yeux de la Commission, une insulte anticoncurrentielle freinant l’innovation et la baisse des prix.

Les usagers, devenus clients, devraient donc avoir tous les motifs de se réjouir(plus 50% d’augmentation en 10 ans, merci le dogme libéral…)

En août 2019 nouveau coup dur pour le pouvoir d’achat des Français.

Les tarifs réglementés de l’électricité après avoir augmenté de 5,6% le 1er juin, il augmente a nouveau ce 1er août 2019 de 1,23% pour la neuvième hausse consécutive depuis 2010.

Mais ou s’arrêtera dont la hausse de l’électricité dans notre pays alors même que le gouvernement souhaite inciter les Français à rouler électrique, transition énergétique oblige, un comble pour les ménages qui vont devoir une fois de plus mettre le main à la poche pour l’achat et le rechargement des batteries...

L’Insee a réalisé une étude sur "les dépenses des Français en électricité depuis 1960", le résultat est sans appel pour notre porte-monnaie.

"Depuis 2007, les prix à la consommation de l’électricité ont augmenté d’environ 50%." l’étude de l’Insee publiée le 4 avril confirme donc les chiffres avancés par les associations de consommateurs.

"L’augmentation du prix de l’électricité est de 43.6%.
Ainsi, en 2016, le consommateur français paie son électricité quasiment une fois et demi plus cher qu’en 2007."

Une tendance qui s’est poursuivie depuis cette date. A elle seule, l’électricité est responsable d’une hausse de plus de 1,5% de l’ensemble des prix à la consommation.

Toujours d’après l’Insee, "depuis 1960, la dépense des ménages en électricité a progressé en valeur de 9% en moyenne par an, contre 7,3% pour l’ensemble de leur consommation."

Cette dépense représente aujourd’hui 2,3% du budget total d’un foyer, soit environ 930 euros par an.

Dans le détail, l’électricité représente 57% des dépenses en énergie (hors carburant) des ménages, contre 24% en 1960, et ce en raison de l’essor du chauffage électrique.

Avant les années 1980, le prix de l’électricité dépendait largement du cours du pétrole, d’où les fortes hausses en 1973 et 1979 au moment des chocs pétroliers.

Puis, la mise en service d’un large parc nucléaire a permis à la France de déconnecter les coûts de production de l’électricité du prix du baril. Les tarifs ont même baissé dans les années 1990.

Ce choix de l’atome assure une électricité 20% moins chère que dans le reste de l’Europe et même moitié moins qu’en Allemagne.

L’Insee pointe toutefois paradoxe : le prix de l’électricité augmente alors que la France dépend toujours à plus de 70% de l’énergie nucléaire pour sa production d’énergie.

L’électricité augmente donc beaucoup plus vite que l’inflation car "La part des taxes et prélèvements dans le prix total de l’électricité en France atteint 35% en 2016, contre 26% en 2010", énonce l’Insee.
Les impôts prélevés sur la consommation d’électricité ont en effet considérablement augmenté depuis les années 2000.
Les auteurs de l’étude précisent "qu’entre 2009 et 2016, les prix de l’électricité ont augmenté, par an en moyenne, de 4 points de plus que ceux de la consommation des ménages.".

Quatre prélèvements différents s’appliquent sur l’électricité :
- la Taxe sur la consommation finale d’électricité (TCFE),
- la Contribution au service public d’électricité (CSPE) - qui a quintuplé entre 2009 et 2016
- la Contribution tarifaire d’acheminement électricité (CTA)
- la TVA.
(A noter que la TVA est appliquée non seulement sur l’abonnement (taux à 5,5%), mais aussi sur la consommation finale (taux à 20%)). Un comble une taxe sur les taxes.

Suivant le communiqué FNME Cgt : les 20 années de libéralisation du secteur de l’énergie, que la France vient de subir, ont des conséquences catastrophiques sur l’augmentation des tarifs de l’énergie, sur la dégradation des relations avec les usagers, sur une désoptimisation des entreprises avec comme conséquences l’augmentation des coûts internes se répercutant ensuite sur les factures…

1) En 1986, quatorze Etats signent l’Acte unique – avènement de la libre circulation – modifiant ainsi le traité de Rome de 1957, qui avait instauré la Communauté économique européenne.