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Eloge des syndicats

30 avril 2015, par Lolo

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Est-elle passée à ce point inaperçue (1), en raison de ses conclusions ?

Dans une étude du (FMI) présentée en mars 2015, deux économistes issues du temple du libéralisme relèvent « l’existence d’un lien entre la baisse du taux de syndicalisation et l’augmentation de la part des revenus les plus élevés dans les pays avancés durant la période 1980-2010 ».

Les études économiques qui ont été menées montrent que les syndicats et le salaire minimum (SMIC et minimum conventionnel) peuvent modifier la distribution des revenus dans sa partie inférieure et intermédiaire, afin de réduire les inégalités.

Selon ces économistes du FMI, « une moitié environ » du creusement des inégalités découlerait du déclin des organisations de salariés.

Quand le syndicalisme, point d’appui historique de la plupart des avancées émancipatrices, s’efface, tout se dégrade...

Son anémie ne peut qu’aiguiser l’appétit des détenteurs du capital. Et son absence, libérer une place qu’envahissent aussitôt l’extrême droite et l’intégrisme religieux, s’employant l’une comme l’autre à diviser des groupes sociaux dont l’intérêt serait de se montrer solidaires.

L’effacement du syndicalisme ne tient ni du hasard ni de la fatalité. En avril 1947, alors que l’Occident s’apprête à connaître trente ans de prospérité un peu mieux partagée, Friedrich Hayek, dresse déjà la feuille de route de ses amis politiques :
- « Si nous voulons entretenir le moindre espoir d’un retour à une économie de liberté, la question de la restriction du pouvoir syndical est une des plus importantes. »

L’intervention directe et brutale de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, lors de conflits du travail marquants (les contrôleurs aériens américains en 1981, les mineurs britanniques en 1984-1985), le « pouvoir syndical » a rendu l’âme.

En 2007, sitôt élu président de la République, M. Nicolas Sarkozy fait à son tour voter une loi restreignant le droit de grève dans les services publics. L’année suivante, Sarko dit :
- « Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit. »

Or en France, la situation est très paradoxale : le taux de syndicalisation se trouve parmi les plus faibles de l’OCDE puisqu’il s’est stabilisé à environ 8%, mais les syndicats bénéficient d’une forte présence en entreprise avec un taux de couverture conventionnel très élevé.

En effet, malgré un faible nombre d’adhérents, 56% des salariés déclaraient (entre 1996 et 2005) qu’un ou plusieurs syndicats étaient présents dans leur entreprise, et le taux de participation aux élections professionnelles a été de 43% en 2013.

Si l’on sait que le faible taux de syndicalisation en France est en partie dû au fait que tous les salariés – syndiqués ou non – profitent des avantages négociés par les syndicats, la Lettre Trésor-Éco (émise par la Direction générale du Trésor) recommande de promouvoir un syndicalisme d’adhérent pour plusieurs raisons :
- dans les pays qui l’ont mis en place, l’employeur y trouve un dialogue social plus apaisé, plus propice au débat, avec des relations professionnelles plus coopératives.
Plus le taux de syndicalisation est faible, plus le dialogue social s’instaure difficilement ;
- le taux de syndicalisation est un élément de la légitimité des instances syndicales ;
- les salariés sont davantage impliqués dans le fonctionnement des organisations syndicales et certaines études démontrent qu’il existe une corrélation positive entre taux de syndicalisation et taux d’emploi.

La Loi 2008 - A mis en place la représentativité des syndicats en fonction du vote des salariés.